D’une grâce disparue

samedi 21 mai 2022

Ce qui se voit encore chez les bêtes sauvages – et qui à peu près disparu chez celles que nous avons domestiquées, qui n’en manifestent plus guère que des vestiges inversement proportionnés à leur niveau de domestication, pour s’absenter quasi-systématiquement chez nous, ce qui en dit long sur notre propre degré de domestication – est cette absence radicale de conscience du corps dans leurs mouvements, cette totale sortie de toute représentation corporelle pour eux-mêmes et pour autrui, qui les dote d’une grâce singulière et immanente qui s’éloigne de plus en plus de nos existences de plus en plus intégralement réalistes.

— 
Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Le cadavre dans le placard
(18 juillet 2026)

Nous étions persuadés d’avoir tué dieu tant que nous avons pu croire que notre science nous donnerait les moyens de maîtriser intégralement le monde. Mais celle-ci, en dépit de la quantité (…)

Double détente
(15 juillet 2026)

On ne piétine jamais avec autant de hargne et de violence que les idoles qui nous ont déçu. D’abord parce qu’elle n’ont pas répondu à notre attente. Ensuite parce qu’elles font douter de toute (…)

L’arroseur arrosé
(11 juillet 2026)

Lorsqu’on se bat pour des idées c’est que celles-ci ont déjà vaincu en nous toute singularité. — Par BLOOM

Tous les chemins mènent à Rome
(8 juillet 2026)

La compassion morale n’est pas moins égoïste que la froide indifférence. Ce ne sont que deux façons différentes de satisfaire ce que l’égoïsme réclame nécessairement de chacun de nous. — Par BLOOM