Il y a comme un doute

samedi 11 mars 2023

L’utopie est infréquentable parce qu’elle porte toujours en elle, de façon plus ou moins explicite, la certitude des lendemains qui chantent, du progrès assuré et de la vérité à laquelle il ne peut que conduire. Ce qui n’implique pas pour autant qu’il faille se satisfaire systématiquement du statu quo et y adhérer comme à une autre vérité tout aussi immuable. Mais que tout ce qu’on entreprend pour s’en écarter ou le modifier doit être empreint d’un doute constant, celui même qui vise le statu quo et pousse à s’en éloigner. Parce que lui seul manifeste la contingence et l’incertitude de nos entreprises et est susceptible de nous y faire renoncer lorsqu’elles deviennent trop évidemment désastreuses.
— 
Par Bloom

Les brèves dans Tribune

La valeur travail
(1er août 2026)

Du fait de son caractère fondamentalement réglé et générique, le travail implique nécessairement l’interchangeabilité globale de ceux qui s’y plient, même si la différence des compétences et (…)

Les fondements de la moralité
(29 juillet 2026)

Nous ne restons décidément si moraux, en dépit des désirs qui nous travaillent, que parce que nous trouvons en toute morale une justification facile à notre impuissance. — Par BLOOM

Mauvaise réputation
(25 juillet 2026)

En dépit des condamnations dont elle est régulièrement l’objet, la démagogie reste une arme politique redoutablement efficace. Parce que le plus grand nombre préfère croire ce qu’il veut entendre (…)

Un remède plus dangereux que le mal
(22 juillet 2026)

Le nihilisme n’est qu’un besoin de croire qui entend tout détruire par dépit de ne plus pouvoir croire à rien. Y pointe la rancœur qui veut annuler absolument ce qu’elle a adoré pour la seule (…)