Le diable est dans les détails

mercredi 19 novembre 2025

Nos civilisations occidentales sont devenues des civilisations du particulier, du détail. Pas de la singularité, qu’elles poursuivent toujours plus de leur entreprise généralisée d’exclusion, secondées en cela par la multiplication des dispositifs de fonctionnalisation technologique, mais d’une variation élargie autour des modèles imposés par cette dernière et lui permettant d’optimiser son emprise globale. La profusion du détail, par le biais de la multiplication à l’envie des communautés autour de tel ou tel caractère prétendument distinctif, a pour effets d’abord d’étouffer toute éventuelle singularité sous une quantité inflationniste de détails supposément qualitatifs, ensuite de masquer efficacement qu’elle constitue le moyen privilégié du développement de l’emprise fonctionnaliste globale implémentée par la technologie.

— 
Par BLOOM

Les brèves dans Tribune

Pas de confusion !
(4 avril 2026)

Ce qui distingue radicalement le doute du soupçon est que le premier questionne la vérité, quelque figure qu’elle adopte, alors que le second questionne au nom de celle-ci. Le premier est (…)

Une vanité mal placée
(1er avril 2026)

L’homme, globalement, pense peu, et ça a toujours été le cas. Parce qu’il est globalement peu singulier et que penser est fondamentalement singulier. Et puis pour le plus grand nombre il s’agit (…)

Figures imposées
(31 mars 2026)

On ne cède ni on ne renonce à l’exercice d’un pouvoir. Soit on le délègue parce qu’on a réussi à exercer un pouvoir plus étendu, qui l’englobe. Soit on le perd parce que quelqu’un l’a pris et nous (…)

Moutonnerie
(28 mars 2026)

La forme la plus basse de l’indignité est finalement de céder à la médiocrité au seul prétexte qu’elle est partagée par le plus grand nombre. Celle de l’instinct grégaire. — Par BLOOM