Par défaut

samedi 23 juillet 2022

Ce qui nous individue, nous fait exister et quelquefois vivre, nous échappe définitivement et irrémédiablement. C’est tout ce qui s’impose à nous de l’espèce, de la lignée dont nous sommes le surgeon, de la langue que nous parlons et de la culture qui en use pour se diffuser, des situations où nous sommes plongés. Avec ce que ça comporte d’inévitable hasard, qu’il soit génétique ou circonstanciel. C’est trop radicalement et singulièrement compliqué, trop intempestif, d’un passé à la lettre immémorial, pour que nous puissions jamais y accéder et y comprendre quoi que ce soit. Alors nous tentons de pallier ce manque, cette perte, par la croyance, aux dieux, au monde, au sujet, à l’Homme, à la science et à ses dérivés technologiques. A la première notion qui passe à portée de notre intellect et qui semble en mesure de nous distraire de cette absence radicale d’origine.

— 
Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Toujours perdant
(10 octobre 2026)

Toute forme de compétition est une abdication de singularité puisqu’elle a pour présupposé la soumission à une mesure commune. — Par BLOOM

Faute de grives on mange des merles
(7 octobre 2026)

Toute revendication identitaire, avec la demande systématique de reconnaissance qu’elle comporte, n’est que le moyen de se doter d’une identité par identification à un groupe lorsqu’on est (…)

On peut rêver !
(3 octobre 2026)

A force de se trouver submergé de victimes piaillantes, étalant sans vergogne leur ressentiment et réclamant bruyamment vengeance, on se prend à rêver que les dommages dont elles se plaignent, à (…)

Minauderie
(30 septembre 2026)

L’euphémisation c’est la frilosité à dire clairement, par impuissance, qui se donne la parure de la grâce. — Par BLOOM