Un poison nommé Désirs

vendredi 19 janvier 2024

Poisons pour le vivre-ensemble que ce surdosage permanent de jugements, de comparaisons, d’indignations, d’impudentes émotions, lesquelles s’exhibent dans toutes les sphères de nos vies : privées, publiques, professionnelles - et jusque dans l’intimité de nos corps et de notre pensée.

Et ces poisons, ces drogues, se distillent insidieusement via nos communications viciées,
Outrageuses,
Démesurées,
Bavardes, et qui n’existent en fin de compte que pour le bruit qu’elles laissent derrière elles. Paroles qui deviennent l’unique essence de notre participation au monde, lequel voit son territoire se réduire à peau de chagrin, tandis que les toxines de cette faconde stérile nous abandonnent à nous-mêmes, malades :
Désorienté.e.s,
Frustré.e.s,
Envieux-se.s,
Prisonnier-ère.s de notre quête insatiable de considération et de revanches ;
Inconsolables de notre dépendance aux désirs fallacieusement mués en besoins.

— 
Par Marx Teirriet

Les brèves dans Tribune

Même pas méchant !
(23 septembre 2026)

L’homme globalement n’est pas méchant. Non pas que l’envie lui en manque, mais il ne dispose pas de suffisamment de puissance pour l’être. Il n’est donc que mauvais, c’est-à-dire qu’il prend un (…)

Principe de précaution
(19 septembre 2026)

On ne peut avoir d’indulgence pour autrui que si on a instauré avec lui une distance suffisante pour nous garantir de ne pas devoir en supporter les conséquences. — Par BLOOM

Trop tard !
(16 septembre 2026)

Une interprétation possible de la dépression post partum : que le corps se rende compte, de façon inconsciente, de l’erreur qu’il a commise en faisant croître l’espèce. — Par BLOOM

Peine-à-jouir
(12 septembre 2026)

La médiocrité dans le plaisir consiste à ne pas l’éprouver de ce dont on jouit, mais seulement du fait qu’autrui n’en jouit pas parce qu’on l’en a privé. — Par BLOOM