Du progrés

mercredi 10 juin 2026

L’erreur fondamentale que nous commettons concernant les affaires humaines consiste en ce que nous considérons, implicitement le plus souvent, que l’homme a un fond bienveillant dont seules les circonstances où il se trouve placé empêchent l’expression. Et qu’une amélioration de ces dernières, en particulier par le confort que nous apporte la technologie, permettrait sa manifestation. Mais l’homme ne dispose pas d’assez de puissance singulière pour se permettre la bienveillance. Son impuissance et sa médiocrité générique le vouent à une malveillance tenace, envers ses semblables et envers le monde, et il n’use de la technologie que comme moyen de la mettre en œuvre plus systématiquement et férocement. Se dévoile là le fondement de toutes les illusions progressistes.

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Par BLOOM

Les brèves dans Tribune

Au large
(22 août 2026)

Toute distance que l’on prend est une indépendance qu’on se donne vis-à-vis de ce qu’on met à distance. Et toute indépendance supplémentaire est un pas de plus vers la singularité. — Par BLOOM

Cache-misère
(19 août 2026)

L’objectivité, paravent derrière lequel se cache l’impuissance à clairement affirmer ce qui convient, ou tout au moins convient le mieux. — Par BLOOM

Substitution
(15 août 2026)

Comment nous avons changé la valeur de la vertu : en en faisant une affaire de conformité grégaire alors qu’elle était respect de la stricte convenance individuelle. — Par BLOOM

Une pente fatale
(12 août 2026)

L’impuissance est par nature inconséquente et ressentimiste puisqu’elle accuse systématiquement un autrui quelconque des effets de ses faiblesses et de ses incapacités, ce qui ne peut au final que (…)