Du progrés

mercredi 10 juin 2026

L’erreur fondamentale que nous commettons concernant les affaires humaines consiste en ce que nous considérons, implicitement le plus souvent, que l’homme a un fond bienveillant dont seules les circonstances où il se trouve placé empêchent l’expression. Et qu’une amélioration de ces dernières, en particulier par le confort que nous apporte la technologie, permettrait sa manifestation. Mais l’homme ne dispose pas d’assez de puissance singulière pour se permettre la bienveillance. Son impuissance et sa médiocrité générique le vouent à une malveillance tenace, envers ses semblables et envers le monde, et il n’use de la technologie que comme moyen de la mettre en œuvre plus systématiquement et férocement. Se dévoile là le fondement de toutes les illusions progressistes.

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Par BLOOM

Les brèves dans Tribune

Principe de précaution
(19 septembre 2026)

On ne peut avoir d’indulgence pour autrui que si on a instauré avec lui une distance suffisante pour nous garantir de ne pas devoir en supporter les conséquences. — Par BLOOM

Trop tard !
(16 septembre 2026)

Une interprétation possible de la dépression post partum : que le corps se rende compte, de façon inconsciente, de l’erreur qu’il a commise en faisant croître l’espèce. — Par BLOOM

Peine-à-jouir
(12 septembre 2026)

La médiocrité dans le plaisir consiste à ne pas l’éprouver de ce dont on jouit, mais seulement du fait qu’autrui n’en jouit pas parce qu’on l’en a privé. — Par BLOOM

Faut-il réagir ?
(9 septembre 2026)

Au fond de toute réaction il y a du ressentiment : on en veut de sa simple existence à ce à quoi on réagit. On ne peut pas le surmonter par sa propre affirmation, alors on s’y oppose. — Par BLOOM