Question de situation

mercredi 8 octobre 2025

La seule chose qui distingue ceux qu’on appelle les puissants – avec ce que cela comporte de connotation négative et implicitement de dénigrement systématique de la notion de puissance – de ceux qu’on regroupe sous les termes nébuleux de peuple ou d’opprimés – c’est que les premiers disposent circonstanciellement de moyens d’exercer des pouvoirs significativement plus étendus que les seconds. Qui en useraient de la même façon s’ils les avaient à leur place. Distinction purement contingente donc, qu’on ne peut lier ni à une essence – ce que prétendent les premiers pour la justifier et la pérenniser, ni à une quelconque qualité morale – ce qu’avancent les seconds pour lui dénier toute justification et tenter de la renverser à leur profit.

— 
Par BLOOM

Les brèves dans Tribune

Un peu de bon sens !
(21 janvier 2026)

Ce qu’il y a de plus insupportable dans le monde n’est pas qu’il n’ait aucun sens – un minimum de lucidité suffit à s’en accommoder – mais que nous cherchions à toute force, en tant qu’espèce, à (…)

Dialogue de sourds
(17 janvier 2026)

La règle fondamentale de la communication interindividuelle est le double malentendu. Parce que celui qui parle ne dit jamais ce qu’il croit dire, contraint qu’il est par la langue dont il use, et (…)

Effet-miroir
(14 janvier 2026)

Le communautarisme consiste à se déclarer victime d’une exclusion du fait de certains caractères spécifiques et à profiter ensuite de ce statut pour exclure systématiquement tout ce qui s’écarte (…)

Bouche-trou
(10 janvier 2026)

Là où le signifiant prolifère, là où le discours enfle, c’est toujours pour masquer le défaut irrémédiable du signifié. A méditer au sujet de la logorrhée qui se répand de plus en plus au sujet de (…)