Subjectité

lundi 17 mai 2021

Nous avons tous une idée à peu près claire de ce que recouvre le terme de subjectivité, parce que tous nous nous sentons sujets réalistes, sujets au sein de la réalité, c’est-à-dire entités individuées dotées d’une réflexivité supposée permettre de faire des choix conscients et potentiellement dirigés par la raison – potentiellement seulement puisque notre supposé libre arbitre doit aussi nous donner la possibilité de faire des choix qui y contreviennent. La subjectivité est affaire de ressenti immédiat, elle est l’habitus le mieux partagé de l’espèce. Pour autant elle est produite par une assignation culturelle au statut fonctionnel de sujet réaliste, à la subjectité en tant que dispositif opératoire générique de constitution et de pérennisation de notre réalité commune, particulièrement dans sa forme moderne et technologique qui institue le monde comme pur objet en face du sujet et permet d’y projeter le fantasme d’une maîtrise intégrale de ses contenus par ce dernier.

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Par Bloom

Les brèves dans Tribune

A l’étroit
(2 septembre 2026)

Nous ne percevons que ce que nous permet notre perception et selon les modalités qu’elle nous impose. D’où on doit conclure à la relative exiguïté de notre monde. — Par BLOOM

Donnant-donnant
(29 août 2026)

La volonté est l’illusion accordée au sujet en contrepartie de sa nécessaire soumission aux diverses contraintes qui l’individuent. — Par BLOOM

Contre-poison
(26 août 2026)

Hygiène de vie : savoir le désastre inéluctable pour l’espèce mais ne jamais se prêter à ce qui le fomente, lutter pied à pied contre ce qui le précipite. Et y trouver sa gaieté. — Par BLOOM

Au large
(22 août 2026)

Toute distance que l’on prend est une indépendance qu’on se donne vis-à-vis de ce qu’on met à distance. Et toute indépendance supplémentaire est un pas de plus vers la singularité. — Par BLOOM