Individualismes

samedi 8 novembre 2025

Il y a un individualisme conséquent, qui s’efforce de mener son existence selon ce qui lui convient singulièrement en assumant les conséquences, éventuellement dommageables, de son attitude lorsque celle-ci entre en conflit avec les règles communes du groupe érigées en droit par celui-ci, tout individu humain appartenant inévitablement à un groupe, si réduit soit-il. D’où il découle qu’il n’y a jamais d’individualisme absolu, parce qu’il est nécessairement tempéré par la nécessité d’une grégarité minimale, des contraintes qu’elle impose et des risques qu’il y a à ne pas s’y plier. Et de plus en plus aujourd’hui un individualisme inconséquent, qui a la même visée que le premier mais n’entend plus en assumer aucun risque, réclamant pour y parvenir de voir ce qui lui convient singulièrement devenir un droit qui s’impose à tous, et se posant en victime lorsqu’il n’obtient pas satisfaction. Inconséquent parce que privé de la puissance de s’affirmer singulièrement, mais aussi parce que de ce fait insidieusement grégaire.

— 
Par BLOOM

Les brèves dans Tribune

Au large
(22 août 2026)

Toute distance que l’on prend est une indépendance qu’on se donne vis-à-vis de ce qu’on met à distance. Et toute indépendance supplémentaire est un pas de plus vers la singularité. — Par BLOOM

Cache-misère
(19 août 2026)

L’objectivité, paravent derrière lequel se cache l’impuissance à clairement affirmer ce qui convient, ou tout au moins convient le mieux. — Par BLOOM

Substitution
(15 août 2026)

Comment nous avons changé la valeur de la vertu : en en faisant une affaire de conformité grégaire alors qu’elle était respect de la stricte convenance individuelle. — Par BLOOM

Une pente fatale
(12 août 2026)

L’impuissance est par nature inconséquente et ressentimiste puisqu’elle accuse systématiquement un autrui quelconque des effets de ses faiblesses et de ses incapacités, ce qui ne peut au final que (…)