Individualismes

samedi 8 novembre 2025

Il y a un individualisme conséquent, qui s’efforce de mener son existence selon ce qui lui convient singulièrement en assumant les conséquences, éventuellement dommageables, de son attitude lorsque celle-ci entre en conflit avec les règles communes du groupe érigées en droit par celui-ci, tout individu humain appartenant inévitablement à un groupe, si réduit soit-il. D’où il découle qu’il n’y a jamais d’individualisme absolu, parce qu’il est nécessairement tempéré par la nécessité d’une grégarité minimale, des contraintes qu’elle impose et des risques qu’il y a à ne pas s’y plier. Et de plus en plus aujourd’hui un individualisme inconséquent, qui a la même visée que le premier mais n’entend plus en assumer aucun risque, réclamant pour y parvenir de voir ce qui lui convient singulièrement devenir un droit qui s’impose à tous, et se posant en victime lorsqu’il n’obtient pas satisfaction. Inconséquent parce que privé de la puissance de s’affirmer singulièrement, mais aussi parce que de ce fait insidieusement grégaire.

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Par BLOOM

Les brèves dans Tribune

Principe de précaution
(19 septembre 2026)

On ne peut avoir d’indulgence pour autrui que si on a instauré avec lui une distance suffisante pour nous garantir de ne pas devoir en supporter les conséquences. — Par BLOOM

Trop tard !
(16 septembre 2026)

Une interprétation possible de la dépression post partum : que le corps se rende compte, de façon inconsciente, de l’erreur qu’il a commise en faisant croître l’espèce. — Par BLOOM

Peine-à-jouir
(12 septembre 2026)

La médiocrité dans le plaisir consiste à ne pas l’éprouver de ce dont on jouit, mais seulement du fait qu’autrui n’en jouit pas parce qu’on l’en a privé. — Par BLOOM

Faut-il réagir ?
(9 septembre 2026)

Au fond de toute réaction il y a du ressentiment : on en veut de sa simple existence à ce à quoi on réagit. On ne peut pas le surmonter par sa propre affirmation, alors on s’y oppose. — Par BLOOM